La Franc-maçonnerie en France

Il y a environ 150 000 adhérents aux diverses loges maçonniques françaises. Ces obédiences ne se reconnaissent pas toutes entre elles mais leurs membres, indépendamment des nuances voire des divergences de leurs obédiences, se reconnaissent le plus souvent entre eux comme Frères et Sœurs.

     

Groupe de reconnaissance de la « Maçonnerie française »

Les obédiences de ce groupe sont rangées dans un ordre protocolaire, fondé sur leur ancienneté :

  1. le Grand Orient de France : Créé en 1773 par transformation de la 1ère Grande Loge de France (1738), 50 000 adhérents en 2013, 1150 loges.
  2. la Fédération française du « Droit Humain » (mixte) : Créée en 1893 par des francs-maçons issus des deux grandes obédiences de l’époque, 17 000 adhérents en 2013, 518 ateliers.
  3. la Grande Loge féminine de France (exclusivement féminine mais elle accepte les Frères comme visiteurs) : Créée en 1952 par transformation de l’Union maçonnique féminine de France (1945), 14 000 adhérentes en 2013, 400 loges.
  4. La Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (masculine) : Créée en 1958 par des membres issus de la Grande Loge nationale française (1913), 4700 adhérents, 300 loges.
  5. La Grande Loge féminine de Memphis-Misraïm : Créée en 1965, 1000 adhérentes, 50 loges
  6. La Loge nationale française (masculine) : Créée en 1968, 600 adhérents
  7. La Grande Loge mixte universelle (mixte) : Créée en 1973, 2000 adhérents
  8. La Grande Loge mixte de France (mixte) : Créée en 1982, 4900 adhérents,188 loges

NB : la Grande Loge de France s’est retirée de ce groupe en 2006.

Groupe de reconnaissance de la Grande Loge unie d’Angleterre

    • la Grande Loge Nationale Française (masculine), seule obédience reconnue par la Grande Loge unie d’Angleterre. Elle n’a aucune relation avec les autres francs-maçons français. C’est la deuxième obédience française en nombre de Frères. Créée en 1913 par deux loges ayant quitté le Grand Orient de France, elle est composée de 20 000 adhérents en 2013. Ses membres travaillent à la gloire du Grand Architecte de l’Univers (GADLU), défini comme Dieu, unique et révélé. Elle ne reconnaît pas l’initiation féminine.

     

Le cas particulier de la Grande Loge de France

Il existe en France une autre obédience historique, la Grande Loge de France, dont le statut est un peu particulier, puisqu’elle revendique son indépendance par rapport aux deux grands pôles de reconnaissance mentionnés plus haut. Strictement masculine, ayant obtenu en 1894 son indépendance du Suprême Conseil de France fondé en 1804, elle est composée de 33 000 adhérents en 2013. Dans la querelle du GADLU, elle s’en est toujours tenue à la position du convent de Lausanne de 1875, sans condamner pour autant le Grand Orient de France ni les autres obédiences dites « libérales ». Chef de file en France du courant maçonnique déiste, elle propose une voie intermédiaire axée sur un travail spirituel et philosophique entre les groupes maçonniques théistes proches des anglo-saxons et les obédiences plus marquées par des thématiques sociétales.

Obédiences récentes ou récemment refondées

Depuis une trentaine d’années, il apparaît et disparaît de nouvelles obédiences françaises chaque année. Ce mouvement s’est notablement amplifié suite à la crise des rites maçonniques égyptiens en 1998. Certaines de ces obédiences sont d’une origine et d’une tradition bien connue et documentée. D’autres sont d’une origine et d’une authenticité plus difficilement vérifiables et ne réunissent que quelques dizaines de membres.

Loges indépendantes ou « sauvages »

Toutes les époques, depuis les origines, ont également vu apparaître puis rapidement disparaître un certain nombre de loges indépendantes, parfois qualifiées de « sauvages », c’est-à-dire travaillant seules, en dehors de toutes obédiences, souvent à l’initiative d’un dirigeant charismatique ayant une conception très originale, voire parfois tout à fait personnelle, de la franc-maçonnerie. Pour ce qui concerne la France, ce fut le cas par exemple de loges occultistes ou mystiques d’inspiration plus ou moins maçonniques créées par des personnalités comme Cagliostro, mais aussi de quelques loges tout à fait maçonniques ayant fonctionné clandestinement pendant l’occupation.

Ce mouvement de création de loges indépendantes de toute fédération et de tout contrôle, s’est considérablement accéléré dans les années 1970 et les principales obédiences mettent généralement en doute le caractère authentiquement maçonnique de ces groupuscules récents aux origines incertaines.